Les photographies occidentales et chinoises diffèrent de par leurs approches respectives. La où le photographe occidental ne va surtout pas prendre une photo "kitch" de ses vacances mais recherche la photo qui n'a pas été prise, le point de vue où les lignes de fond se croisent exactement au bon endroit, le chinois quand à lui va épuisé toute son énergie et 23 pellicules pour avoir tous les angles possibles de sa belle maman devant le métro, de sa copine devant la tour eiffeil et de son chien en train de renifler les excréments nauséabondeux jonchant la rue.
On peut se demander si les motifs et les raisons sous jacentes à de telles pratiques découlent de phénomènes de société identifiés.
L'art occidental et la coolitude
En occident, la photographie est synonyme de microcosme où l'esthète peut faire part de son ouverture d'esprit et de sa différence. Elle confère à son pratiquant une élévation de l'esprit où l'ego peut se satisfaire de voir des choses que les autres n'ont pas vu, compris.Ainsi l'occidental de part ses photos se met en avant vis à vis de ces congénères par une marginalité, une recherche esthétique et il peut être ainsi perçu comme profondément "cool".
L'art chinois et le j'y étais
Chez le chinois, la photographie se limite à prendre les clichés que tout le monde connaît, à n'avoir aucune vision d'esprit permettant de prendre quelque chose d'original. Le but est d'épater ses amis non pas par une oraiginalité picturale mais par l'ouverture d'esprit d'être allé explorer d'autres pays. Ainsi il se met en avant vis à vis de ses camarades en leur suggérant l'idée que eux sont bien trop pauvres pour aller en vacance dans des pays étrangers et encore plus pauvres pour pouvoir se permettre de prendre 65 pellicules photos en une semaine où sur chacune d'elle l'on ne manquera pas de voir les fameux W du winneur.
Une vraie différence?
On remarque que le but est toujours de frimer et de se mettre en valeur. Dans le pays occidentalisé par le refus du système, le désinteressement de l'argent au profit de l'art . Dans l'autre, par la découverte de l'argent et ainsi la mise en profit d'une manière que l'on peut qualifier d'originale vis à vis des concitoyens qui n'ont même pas idée que sur la place Tien An Men, ce n'était pas une kermesse pour les boys scouts atteints d'une syphili-rectomie consanguine. L'originalité est ainsi de mise, se distinguer reste le Let-Motiv des jaunes comme des blancs.
Mais bon...
D'un voyage à l'autre bout du monde, se souvient-on de jolis monuments avec ces amis devant ou bien de l'architecture post néo-paléo-romano-michélique du banc de métro pris avec un objectif fish-eye, diaphragme 2.8, luminosoté 1/2000s ?
Les chinois ont bel et bien un million d'années d'avance.
Enfin bon, un peu de blanc dans un jaune, ça donne au final une bonne moresque que je m'en vais m'enfiler de suite.